vendredi, juin 14, 2019

Le rapport de la VG : un autre exemple de l’échec de la privatisation

Vérificatrice générale Kim MacPherson Vérificatrice générale Kim MacPherson

Le Syndicat du Nouveau-Brunswick (Syndicat du N.-B.) soutient depuis longtemps que la privatisation des ressources et des services publics ne représente pas la meilleure manière de dépenser l’argent des contribuables, ce que confirme le plus récent rapport de la vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick.
Dans son document, la vérificatrice générale (VG) Kim MacPherson examine plusieurs sujets impliquant la privatisation dont, entre autres, les cartes d’assurance-maladie, l’entretien des autoroutes et les travaux de construction.
Dans ces trois cas, la privatisation a été une erreur coûteuse.
Examinons tout d’abord les cartes d’assurance-maladie. En 2013, la province a privatisé la production et la distribution des cartes d’assurance-maladie, en confiant ce contrat à Medavie, qui a par la suite donné le travail en sous-traitance à la firme CPI Card Group. En un mot, les renseignements confidentiels des Néo-Brunswickois ont été transmis à deux entreprises différentes, ce à quoi le Syndicat du N.-B. s’était alors opposé et à l’égard duquel il avait même fait une déclaration publique.
En 2016, en raison d’une erreur de la part de CPI, les Néo-Brunswickois ont subi une violation de confidentialité. Le rapport indique également que la province ne reçoit aucun rapport, ni de Medavie ni de CPI, concernant les contrôles utilisés pour s’assurer de la confidentialité des renseignements.
Donc, que cette entente donne lieu ou non à des épargnes, la violation de confidentialité et le manquement en matière de rapport nous incitent à nous demander si la privatisation en valait la peine pour les contribuables. Nous, au Syndicat du N.-B., pensons que ce n’est pas le cas et la VG a aussi émis quelques inquiétudes à ce sujet :
Nous recommandons que la société de l’assurance-maladie évalue les risques associés, de même que la nécessité de sous-traiter avec deux organisations privées au lieu d’une seule, pour produire et distribuer les cartes d’assurance-maladie.
En matière de privatisation non avantageuse pour les contribuables, le rapport est truffé d’exemples pour lesquels l’analyse et la prise de décisions éclairées ont fait défaut, dans le cas notamment de travaux de construction et d’entretien d’autoroutes, travaux qui ont été impartis au détriment des contribuables.
Voici les conclusions de la VG par rapport à la privatisation des travaux :
• Dans certains cas, les décisions d’impartir des travaux d’entretien de routes et de ponts, de construction et d’équipements connexes, n’étaient basées sur aucune donnée probante ni soutenues par aucune analyse objective des coûts et des conséquences.
• Le ministère s’est plutôt appuyé sur des jugements subjectifs au moment de prendre des décisions d’impartition.
• Le ministère a imparti des travaux aux dépens des contribuables afin de soutenir le secteur privé et d’encourager la croissance économique.

Le dernier point est tout particulièrement alarmant, car le gouvernement a priorisé les besoins du secteur privé au lieu de ceux des contribuables. La privatisation est souvent définie par les politiciens comme étant plus efficace et comme une manière de faire épargner de l’argent aux contribuables mais, en réalité, c’est habituellement le contraire qui se produit.

Nous encourageons tous les Néo-Brunswickois à lire le rapport de la vérificatrice générale. Nous encourageons également tous nos politiciens à faire de même.

Les représentants élus jettent souvent de la poudre aux yeux en affirmant baser leurs décisions sur des faits et des analyses solides, alors qu’ils font souvent tout le contraire. Ainsi, la privatisation est devenue une réalité coûteuse dans notre province.

La fonction publique est qualifiée et compétente pour effectuer les travaux qui ont été impartis; il est temps que nos politiciens le reconnaissent et qu’ils cessent de garnir les poches du secteur privé pour des travaux en-dessous du niveau requis.