mercredi, juillet 10, 2019

Analyser le paysage politique au N.-B.

Étant donné que le premier ministre Blaine Higgs et son gouvernement provincial sont dans leur neuvième mois de leur mandat pour gouverner la province, le Syndicat du Nouveau-Brunswick (Syndicat du N.-B.) a décidé de communiquer avec le professeur en sciences politiques J.P. Lewis de l’University of New Brunswick Saint John pour sa perspective sur la situation.
Syndicat du N.-B. : Nous sommes à environ neuf mois avec ce gouvernement minoritaire. D’après votre analyse, comment le gouvernement Higgs a-t-il géré la situation?
Professeur Lewis : Le plus grand défi pour tout gouvernement minoritaire est simplement de survivre. Le maintien du pouvoir des progressistes-conservateurs est très sécuritaire pour deux raisons : l’appui de People’s Alliance et le changement de chef du Parti libéral.
Ces deux facteurs ont fourni aux conservateurs le moyen de faire des erreurs sans avoir peur de la chute du gouvernement. Ce qui a fait que le conflit de travail des travailleurs de foyers de soins est moins risqué pour leur survie, car les libéraux ne sont pas prêts à gouverner et le People’s Alliance ne veut probablement pas perdre leur influence et leur pouvoir qu’ils ont actuellement dans la composition de l’Assemblée législative.
Syndicat du N.-B. : Est-ce que vous pensez qu’il y a des enjeux plus dominants que d’autres? Et pourquoi?
Professeur Lewis : Pas surprenant, l’économie et l’environnement sont devenus les enjeux les plus dominants.
Dans la province, l’économie a été l’enjeu le plus dominant depuis des décennies. Dans l’élection de 2018, le choix entre les libéraux et les progressistes-conservateurs était très clair. En ce qui concernait les dépenses publiques avec l’ancien gouvernement et le rythme continu des dépenses publiques et le dernier voulant réduire les dépenses publiques.
Jusqu’à présent, le gouvernement progressiste-conservateur a été relativement pragmatique dans ses compressions budgétaires et peut-être tire des leçons du gouvernement progressiste-conservateur d’Ontario qui s’est vu dans plusieurs batailles politiques en ce qui concerne leurs décisions de réduire leurs dépenses.
En dehors de la province, et plus particulièrement entre les gouvernements provincial et fédéral, l’enjeu principal est l’environnement et la politique fédérale sur la tarification du carbone. Même si le premier ministre a des alliés dans d’autres capitales provinciales dans sa lutte contre le plan de réduction de carbone avec le gouvernement fédéral, les politiques sur cet enjeu peuvent changer considérablement avec les résultats de l’élection fédérale 2019.
Syndicat du N.-B. : Le premier ministre Higgs a lancé le défi aux partis de l’opposition de faire déclencher une élection. Est-ce un geste sage? Qu’est-ce que les sondages suggèrent pourrait se produire?
Professeur Lewis : J’imagine que toutes menaces d’élection récemment sont tout simplement de la rhétorique politique. C’est difficile de comprendre pourquoi aucun des partis de l’opposition ne voudrait une élection de sitôt. Les libéraux ont un nouveau chef et Kevin Vickers veut probablement plus de temps à se préparer pour sa première élection et le People’s Alliance et le Parti vert vont continuer d’être dans une position où ils se demandent s’ils veulent renoncer cette emprise sur la balance du pouvoir pour un possible gouvernement majoritaire qui n’aurait pas besoin d’appui des autres partis.
Syndicat du N.-B. : Avec une élection fédérale prochainement, comment voyez-vous la politique provinciale jouer un rôle dans la décision des Néo-Brunswickois?
Professeur Lewis : Le débat concernant le prix de carbone peut certainement affecter la course fédérale des dix sièges au Nouveau-Brunswick. Dans d’autres provinces, nous avons vu de premiers ministres qui ont fait campagne – à noter Jason Kenney en Alberta – contre le gouvernement fédéral. Alors beaucoup d’attention sera portée sur Blaine Higgs pour voir à quel point il jouera un rôle durant la campagne dans une province avec seulement des députés libéraux.